Cantal
Le vent qui prend une traîne sur les remparts et décide de la photo à votre place. Une lumière d'octobre qui dure une heure et qu'il ne faut pas manquer. Le silence, très particulier, d'une cathédrale de pierre sombre.
Je suis photojournaliste de mariage. Je fais du reportage : j'observe, je me déplace, je photographie ce qui a lieu. Le métier depuis 1992, une formation de photojournaliste, et des années passées en agences de presse avant le mariage.
Je vis une partie de l'année en Auvergne. Ce n'est pas une antenne commerciale : c'est un endroit où je passe du temps, dont je connais les saisons, les lumières et les routes. Pour un mariage, cela veut dire un photographe de ce niveau disponible sans faire venir quelqu'un de Paris ou de Lyon.
Le Cantal ne se photographie pas comme la Côte d'Azur, et les mois n'ont pas la même valeur.
L'automne est magique. L'été indien y dure, les couleurs tiennent longtemps, et la lumière rasante des après-midi d'octobre donne aux plateaux quelque chose que le plein été n'a jamais.
Le printemps offre de très belles lumières, particulièrement pour travailler dans les châteaux et les intérieurs de pierre, où l'apport de lumière naturelle change tout.
L'hiver est plus exigeant. Si le temps se ferme, la lumière devient compliquée et les journées sont courtes. Cela ne l'exclut pas, cela demande simplement de construire le déroulé autour des heures utiles plutôt que l'inverse.
Saint-Flour se tient à près de neuf cents mètres, sur un promontoire, et cette position commande tout. Le vent y est un paramètre permanent, pas un incident. La lumière y est plus franche qu'en plaine, et les ombres plus dures à midi.
La ville haute, les remparts et les points de vue offrent en revanche quelque chose de rare : une silhouette de ville qui se détache entièrement sur le ciel, sans périphérie qui vienne l'encombrer. La cathédrale Saint-Pierre, en pierre sombre, impose sa propre gravité aux images.
Le viaduc de Garabit, le plateau du Cézallier, les monts du Cantal, Salers : ce sont des décors qui valent le déplacement, et qui sont trop loin pour être insérés dans le déroulé d'un mariage sans le casser.
Ma proposition, dans ce cas, tient en une phrase : nous consacrons un autre jour à la séance de couple. Vous partez à deux, sans horaire, sans invités qui attendent, et nous allons là où le paysage le mérite. Ce sont souvent les images que les couples préfèrent, parce qu'elles sont les seules de la série où personne ne les regarde.
Les lieux de réception disposent tous d'espaces intérieurs, et c'est la première réponse. Le musée de la Haute-Auvergne peut constituer une seconde option, sous réserve d'un accord préalable.
Et pour la séance de couple, la même solution que ci-dessus : un autre jour, une autre lumière. Dans un département où le ciel change vite, c'est moins un plan de secours qu'une façon normale de travailler.
Qu'est-ce que neuf cents mètres d'altitude imposent à un reportage ? Le vent, en paramètre permanent plutôt qu'en incident, une lumière plus franche qu'en plaine et des ombres plus dures à midi. Saint-Flour se tient sur un promontoire, et cette position commande le déroulé d'une journée, à commencer par l'heure des extérieurs.
Quelle image la ville haute donne-t-elle qu'aucune ville de plaine ne permet ? Une silhouette entière qui se détache sur le ciel, sans périphérie pour l'encombrer. Les remparts et les points de vue de la ville haute cadrent cette découpe, et la cathédrale Saint-Pierre, en pierre sombre, impose sa propre gravité aux images.
Quand la lumière d'octobre est-elle utilisable ? Sur une heure d'après-midi, et elle ne se rattrape pas. La lumière rasante d'octobre donne aux plateaux ce que le plein été n'a jamais, et l'été indien fait tenir les couleurs longtemps. Le printemps sert surtout les châteaux et les intérieurs de pierre, où l'apport de lumière naturelle change tout.
Une séance le lendemain est-elle nécessaire ? Elle reste facultative, et je la propose quand les paysages qui vous plaisent sont trop éloignés pour tenir dans la journée, ce qui arrive souvent ici. Le viaduc de Garabit, le plateau du Cézallier, les monts du Cantal et Salers valent le déplacement et casseraient un déroulé. Le lendemain, vous partez à deux, sans horaire et sans invités qui attendent.
Sur quelles bases se règle un déplacement depuis la Côte d'Azur ? Je passe environ deux semaines par mois en Auvergne, sans calendrier arrêté à l'avance. Les dates se calent au moment de la réservation, et j'ajuste mes déplacements aux reportages retenus sur les deux régions. Un mariage à Saint-Flour n'entraîne donc aucun frais de déplacement supplémentaire.
À Andelat, le château du Sailhant se tient sur le plateau de la Planèze. La lumière y court sur les estives et se déplace au gré des nuages, si bien qu'une même scène change de couleur en quelques minutes. À Alleuze, l'accès au château médiéval demande une courte marche sur un sentier escarpé, à prévoir dans le déroulé de la journée quand la mariée est en robe longue. En fin d'après-midi, la lumière rasante allume les ruines au-dessus des gorges de la Truyère. Un peu plus loin, le viaduc de Garabit enjambe la vallée : j'y ai photographié souvent, et l'ouvrage d'Eiffel tient sa place dans un reportage comme repère du Cantal autant que comme décor.
De l'autre côté des monts, Aurillac tient son bassin abrité et la vallée de la Jordanne, à une heure de route par le Lioran.
Racontez-moi votre journée, et nous verrons ensemble comment elle se photographie.
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