Reportage de mariage par Lawrence Banahan

Photographe de mariage à la Magnanerie de Saint-Isidore

Je suis photographe documentaire, et je réalise des reportages de mariage. La Magnanerie de Saint-Isidore garde dans ses murs la mémoire d'un autre métier, et c'est elle que l'on photographie d'abord.

On y élevait autrefois les vers à soie. Cette industrie réclamait de vastes salles, hautes et ventilées, où la lumière pût traverser d'un mur à l'autre pour veiller sur les cocons. Un siècle plus tard, les cocons ont disparu et les proportions sont restées : des voûtes qui montent bien au-dessus des tables, une clarté qui entre de deux côtés, et cette ampleur qui distingue la maison d'une bastide ordinaire. Autour, la campagne hyéroise, les vignes, et les Îles d'Or à quelques kilomètres.

L'allée de platanes, au couchant

On arrive par une allée de platanes centenaires, et c'est là que j'emmène les mariés en fin d'après-midi.

À cette heure la lumière passe entre les troncs et à travers les feuillages, et l'allée cesse d'être un chemin pour devenir une suite d'alignements. Deux personnes qui la descendent entrent dans un faisceau, en sortent, en retrouvent un autre, et l'image se recompose tous les trois pas, en silence. Plus tôt dans la journée, la même allée offre de l'ombre, et c'est déjà beaucoup.

Comment éclairer les voûtes ?

Avec la lumière que je compose.

Le jour, les hautes fenêtres suffisent : la clarté traverse la salle, modèle les visages de deux côtés à la fois, et l'on travaille depuis trois angles avec la même aisance. Le soir venu, ce volume avale ce qu'il reste de jour. J'installe alors des flashes déportés autour de la pièce, commandés à distance, et je bâtis pour l'espace un éclairage qui lui ressemble, à l'opposé d'une source unique braquée depuis l'appareil.

C'est un choix que je fais partout où je travaille. Les éclairages des lieux de réception ont de l'élégance et peu de puissance. Créer sa lumière évite la montée en sensibilité, garde aux visages leur finesse et aux couleurs leur vérité.

Que donne la campagne alentour ?

Des vignes, du silence, et cette manière qu'ont les invités de baisser la voix en arrivant quelque part où l'on entend les cigales. Un reportage dans un lieu calme se reconnaît au premier regard, et les couples qui choisissent la Magnanerie la choisissent entre autres pour cela.

Le domaine est-il difficile ?

Il est l'inverse. L'accueil y est chaleureux, l'équipe professionnelle, et présente pour que la journée se passe bien. Cela compte plus qu'il y paraît : un photographe qui négocie ses accès tout l'après-midi se trouve ailleurs au moment où quelque chose arrive.

Lawrence Banahan, photojournaliste de mariage à Hyères et sur la Côte d'Azur. La Magnanerie de Saint-Isidore, dans la campagne hyéroise.

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