Je documente les mariages, et la Baratonne se distingue par un détail que peu de domaines offrent : ses salles se réunissent ou se séparent selon la journée que les mariés ont imaginée, et le reportage s'y adapte.
C'est une bastide du dix-huitième siècle à La Garde, entre Hyères et Toulon, au milieu d'un vignoble en activité. Les bâtiments les plus anciens datent de 1735, et la rénovation a eu la sagesse de les laisser tels quels. On arrive par une allée d'arbres. Devant, un jardin à la française et sa fontaine. Au-delà, les vignes montent vers les collines, sous les platanes et les oliviers.
Ce qui signifie une lumière naturelle utilisable jusqu'au début de la soirée, et un éclairage artificiel ensuite.
L'orientation à l'est est la bonne pour une réception. La pièce est éclairée sans cuire tout l'après-midi, et la lumière y reste douce là où une verrière au sud durcirait vers seize heures. Un dîner servi avant la bascule se photographie en lumière du jour. Tout ce qui suit relève d'un autre exercice, et savoir à quelle heure tombe cette bascule à une date donnée fait l'essentiel de la préparation.
Après elle, je compose ma lumière. Des flashes déportés autour de la pièce, là où l'éclairage d'ambiance a de la grâce et peu de puissance. La sensibilité reste basse, le grain reste fin, les couleurs restent justes.
Un jardin à la française est bâti sur la symétrie, et la symétrie se lit d'en haut.
Au sol, on voit des haies. En hauteur, on découvre le dessin pour lequel le jardin fut tracé, la fontaine en son centre, et deux silhouettes quelque part dans cette géométrie. C'est l'un des rares décors où la vue aérienne apporte une lecture, à l'opposé d'une simple prise de hauteur.
Je suis titulaire d'une licence de télépilote, et c'est précisément le cas pour lequel le drone a sa place : deux ou trois vues larges d'un lieu dont la forme se révèle seulement du ciel.
Au sol, ce même jardin se travaille de biais. De face, il compose un portrait arrangé. De trois quarts, il donne de la profondeur.
Les espaces intérieurs forment un seul volume, ou se séparent pour accueillir plusieurs moments à la fois. Cette configuration appartient aux mariés, et je la connais une semaine avant pour préparer mes axes.
De l'ombre, à l'heure où la plupart des domaines varois en manquent. Les invités s'y rassemblent d'eux-mêmes, et un vin d'honneur photographié sous les platanes garde un détail dans les visages que la même heure en plein soleil efface.
Au-delà, le domaine se laisse travailler. L'accès est simple, le stationnement large, et la disposition des lieux accompagne le photographe qui traverse la journée.
Lawrence Banahan, photojournaliste de mariage à Toulon, à Hyères et sur la Côte d'Azur. Domaine de la Baratonne, La Garde.
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