Reportage de mariage par Lawrence Banahan

Photographe de mariage au Château Pas du Cerf

Je viens du photojournalisme, et j'y suis resté. Un mariage se documente comme un événement, et le Pas du Cerf a cette qualité rare d'offrir plusieurs lumières en un seul domaine, chacune à son heure.

C'est un vignoble familial à La Londe-les-Maures, avec le massif des Maures posé sur l'horizon et un lac au bas de la propriété. Les matinées y commencent claires : la lumière provençale frappe le château de face, et toute la façade se réchauffe avant même que les préparatifs soient achevés.

Le jardin haut, face au couchant

Les cérémonies laïques se tiennent dans les hauteurs du jardin, sur une terrasse naturelle que borde la végétation. Les mariés ont les arbres derrière eux, et la vallée plus loin.

Le jardin regarde vers l'ouest, et l'heure en découle. Trop tôt, le soleil entre dans les yeux des invités et dans mon objectif. Plus tard, il passe derrière les mariés, les arbres s'en éclairent par le dessous, et le jardin entier se dore d'un seul mouvement. Entre ces deux versions du même lieu, il y a environ quatre-vingt-dix minutes.

Trois décors pour la séance

Après la cérémonie j'emmène les mariés vers trois endroits du domaine.

Les vignes, dans l'or de la fin d'après-midi, quand les rangs emmènent le regard vers le fond et que tout ce qui est vert se réchauffe.

L'entrée du château, que bordent des cyprès. Verticaux et sombres, ils encadrent un couple à la manière d'une colonnade, avec la souplesse du végétal en plus.

L'arche de la cérémonie, une fois les invités partis vers le vin d'honneur. Deux personnes sous la structure où elles viennent de se dire oui, avec le silence revenu autour, et l'image se suffit.

Le lac, pour la dernière lumière

Le lac est réservé à la fin du jour.

L'eau renvoie la lumière vers le haut, remplit les visages par en dessous et adoucit tout, à condition que le soleil soit déjà bas. Plus tôt, la même eau devient un réflecteur dur, et les pins qui l'entourent cassent la lumière en éclats sur les visages. On y descend en dernier, quand tout le reste est fait.

Les pinèdes et les vignes

Les pins donnent une ombre filtrée et un sentiment d'enveloppement, les vignes donnent la profondeur et la distance. Entre les deux, le domaine couvre presque tout ce qu'un reportage réclame, sans voiture ni trajet.

La salle principale

Elle ouvre sur les vignes, et la soirée s'y prolonge tard.

L'éclairage de la salle est celui d'un dîner, doux et bas. Je compose ma lumière avec le matériel que j'apporte, des flashes déportés disposés autour de la pièce, pour que la soirée garde son relief et ses couleurs. C'est un parti pris : une salle éclairée pour dîner est agréable à vivre, et je lui apporte ce qu'il faut pour qu'elle le soit aussi en photographie.

Toute la journée peut-elle se tenir sur place ?

Elle le peut, et c'est un confort discret. Le domaine loge, la cérémonie, le repas et la fête se tiennent au même endroit, et la matinée coule dans l'après-midi sans rupture.

Lawrence Banahan, photojournaliste de mariage à Hyères, à Toulon et sur la Côte d'Azur. Château Pas du Cerf, 5920 route de Collobrières, La Londe-les-Maures.

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