Photojournaliste de formation, je réalise des reportages de mariage, et j'aborde un domaine comme un sujet à documenter. Aux Anglades, le sujet commence au bout d'une allée de palmiers, devant une grille ancienne qui s'ouvre sur le château.
Le vignoble fut planté en 1852 par le marquis de Pierrefeu, qui créa là le premier domaine viticole de la région. Les vignes tiennent encore l'horizon de tous côtés, et la bastide, avec ses volets verts sur une pierre patinée par un siècle et demi de soleil, se tient au milieu, immobile.
Des palmiers centenaires, et cette essence change tout.
Ces arbres portent leur couronne de palmes très haut, si haut qu'au couchant la lumière passe entièrement dessous, le long des fûts, et vient frapper le gravier de l'allée. Un couple qui la remonte en fin de journée reçoit cette lumière de face, chaude et sans obstacle, là où une allée de platanes l'aurait mouchetée. Au bout, la grille ouvragée, et derrière elle, le château.
Volets verts, façade patinée, jardins méditerranéens, oliviers en pot sur le perron fleuri, guirlandes tendues avant l'arrivée des invités.
C'est un décor pour une séance de couple, dehors devant la façade, ou dedans lorsqu'il pleut, dans les salons où les canapés de cuir patiné prennent la lumière des persiennes. Et parfois dedans sans qu'il pleuve, pour le seul plaisir d'un soleil qui entre en lames à travers les volets.
Elle devient la raison d'être venu.
Sur ce vignoble, la lumière tardive crée une atmosphère que j'ai rarement retrouvée ailleurs sous cette forme. Elle arrive bas entre les rangs, accroche la poussière en suspension, réchauffe la pierre de la bastide, et pendant trente ou quarante minutes le domaine entier devient une seule source continue. C'est l'heure où j'emmène les mariés dans les vignes.
Entre les rangs, sur les chemins de gravier que bordent les palmiers, et devant la grille. Trois décors à quelques minutes l'un de l'autre, chacun dans son registre, et c'est ainsi qu'un album trouve sa respiration.
Assez retiré pour la tranquillité, assez proche pour la commodité. Le domaine se tient à l'écart du circuit habituel du mariage de destination, et c'est ce que recherchent les couples qui le choisissent.
J'y ai travaillé aux côtés de Laure, d'Alliance Rêvée, avec qui je collabore depuis plus de dix ans sur plusieurs domaines de la région.
Lawrence Banahan, photojournaliste de mariage à Hyères et sur la Côte d'Azur. Château des Anglades, Hyères.
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